Triste anniversaire

Samedi, 27 octobre 2007

Il y a 5 ans jour pour jour, je rentrais de mon premier voyage à Montréal. J’avais attérri le matin même, vers 8h30, et le temps de récupérer mes bagages et de rentrer chez moi, j’ai passé un coup de fil à mes parents… pour apprendre que ma grand-mère était décédée dans la nuit, pendant que j’étais dans l’avion.

Elle était déjà à l’hopital depuis quelques temps et la perspective d’un décès s’était déjà insinuée dans mon esprit et celui de mes parents. Mais je n’avais pas eu le temps d’aller la voir beaucoup à l’hôpital avant mon départ pour Montréal et je comptais y aller dans les jours suivant mon retour. La nouvelle, outre le fait de perdre un proche, a été aussi une frustration de ne pas avoir pu la voir “une dernière fois” de son vivant et d’exprimer ce que je n’avais pas pu, ou voulu, exprimer jusque là. La dernière vision qu’il me restera est celle de ma grand-mère allongée dans son cercueil lors de la présentation du corps à la famille. Vision traumatisante dans son contexte, mais en même temps, son visage dégageait un tel sentiment de sérénité…

Je suis quelqu’un qui a du mal à exprimer ses sentiments et j’ai vraisemblablement du donner l’image, pendant l’enterrement, de quelqu’un de froid, d’insensible et d’indifférent. J’essayais plutôt, comme je le fais toujours un peu par réflexe quand je dois exprimer un sentiment, de maitriser mes réactions. Je n’ai rien pu contrôler au moment où le cercueil a été mis en terre et j’ai éclaté en sanglots irrépressibles, comme ça, d’un seul coup, pour évacuer tout ce que j’avais refoulé depuis quelques jours. Et ça n’a duré que quelques poignées de secondes. Une ouverture dans la carapace… 

Ce sont ma grand-mère et mon grand-père qui m’ont élevé. J’ai vécu avec eux jusqu’à l’âge de 7 ans dans un petit village de la Somme, Hangest-en-Santerre. Mes parents vivaient déjà à Compiègne mais travaillaient tous les deux. Je ne sais pas trop, à vrai dire, ce qui a réellement motivé que j’aille vivre chez mes grands-parents, mais j’ai cru comprendre que ma grand-mère a tellement insisté qu’elle a obtenu gain de cause. Mes parents venaient deux ou trois fois par semaine pour me voir. J’ai peu de souvenirs précis de cette période de ma vie (ah, foutue mémoire sélective !!); seules quelques images me restent, de l’école, des copains. Mais j’en garde l’impression générale d’une période heureuse. J’ai bien peur que mes réactions d’enfant gâté viennent de là…

Mon principal regret est de ne pas avoir pris le temps nécessaire pour rester proche d’eux et je me suis tout doucement éloigné, vivant ma vie de mon côté et ne voulant pas m’embarrasser de ce que j’ai considéré, pendant longtemps, comme des “contraintes familiales”. C’est maintenant, alors qu’ils sont partis tous les deux (mon grand-père est décédé, lui, en 2000), que je me dis que j’aurais aimé parler un peu plus avec eux et manifester tout l’amour que j’avais pour eux. Bien trop tard malheureusement.

Bérangère et Marcel auraient eu tous les deux 94 ans cette année. J’espère qu’ils reposent en paix.

40 à 42

Lundi, 22 octobre 2007

Et bien, pour ce qui devait un article hebdomadaire… c’est un peu mal parti, je dois l’avouer… mais au moins vous aurez trois semaines pour le prix d’une !

Il est vrai que c’est plutôt un sentiment de fatigue qui a dominé ces trois dernières semaines, les journées au bureau se terminant suffisamment tard pour que les soirées ne soient pas aussi longues qu’elles le devraient pour laisser le temps à l’écriture. Et comme l’exercice bloguesque n’est pas forcément encore une seconde nature chez moi, je ne suis pas passé à l’acte, un peu par fainéantise mais aussi parce je doute d’avoir des choses très intéressantes à dire. L’ordre chronologique des évènements laisse un peu à désirer, sorry…

Donc, puisque j’ai passé pas mal de temps au bureau (mais tout autant que beaucoup d’entre vous, j’imagine), voilà quelques nouvelles de ce qui s’y est passé. Des choses importantes malgré tout, dont je ne mesure pas encore toutes les conséquences mais qui ont modifié tout de même, finalement, la vision de mon avenir dans ce département.

Tout part d’une annonce : ma responsable hiérarchique directe, adjointe du directeur du département, nous a appris qu’elle avait engagé depuis quelques mois une procédure d’adoption, que les perspectives se précipitaient, plus tôt que prévu, et qu’elle allait devoir partir pendant quelques mois à compter de la mi-octobre (ce qui est le cas au moment où j’écris cet article; elle nous a dit au revoir ce vendredi). C’est tout d’abord une superbe nouvelle qu’elle nous a appris là : elle mérite vraiment de se reconstruire une famille, alors qu’elle en a perdu plusieurs membres ces dernières années. D’un point de vue strictement professionnel, ça tombe par contre au moment où une de mes collègues part, elle, en congé maternité, et où notre directeur part en retraite à la fin de l’année. Autant dire que ça ne va pas être simple à gérer…

Je n’avais pas pour ma part de prétention particulière quant à assurer le poste d’adjoint pendant son absence. En ai-je d’ailleurs la capacité ? De toute façon, cela ne m’a pas été proposé, et c’est un autre collègue qui va s’y coller. Mais tout cela ne fait que confirmer le scénario qui serait appliqué au cas où elle viendrait à quitter son poste. Là encore, aucun excès d’amertume de ma part, parce que c’est un poste où l’aspect politique est important et ce n’est pas là où je suis le meilleur. Cela m’a cependant ouvert les yeux sur le fait que, si je souhaite évoluer rapidement, ce n’est pas dans ce département que cela se fera et qu’il faut que je sois vigilant aux opportunités qui se présenteront ailleurs dans la maison. A moins que la nouvelle directrice voie les choses autrement, mais c’est quelqu’un qui est dans la maison depuis longtemps et je ne la vois pas faire des choix différents…

Je me posais déjà pas mal de questions il y a quelques semaines, et j’en avais parlé ici. D’une part, j’ai su par la suite que la collègue en question était déjà à un niveau supérieur de rémunération il y a trois ou quatre ans, ce qui rend son évolution de l’année dernière somme toute assez logique. D’autre part, ma hiérarchie, auprès de laquelle je m’étais ouvert de l’inégalité de traitement, m’a clairement fait comprendre que cela n’avait rien à voir avec mes capacités, mais qu’on ne pouvait contenter tout le monde en même temps, et que nous sommes dans une société où les critères de rémunération ne suivent pas nécessairement une logique de positionnement hiérarchique et de niveau de responsabilité. Dont acte… Alors, tout ceci me conforte dans l’idée que postuler là où je sais pouvoir gagner plus reste la solution la plus à même de me faire évoluer rapidement !

A suivre….

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Assez parlé boulot… Côté loisirs, j’ai déjà parlé de la Nuit Blanche ici. Le week end suivant (donc le 13), un “vieil” ami, Ph., organisait une petite fête pour son anniversaire.

 Ne vous méprenez pas sur le “vieil”, il n’a qu’un an de plus que moi… Comment ça c’est bien ce que vous avez compris (outré) ?! Mouais… En fait, il est le plus ancien de mes amis proches. Ca doit faire 15 ans qu’on se connait, par l’intermédiaire de X.,un ami de classe qui a fait son armée avec lui. J’ai perdu de vue X. mais je suis resté ami avec Ph. depuis.

Nos centres d’intérêt ont évolué dans des directions différentes ces dernières années, et de ce fait notre amitié a évolué aussi; mais il reste clairement parmi mes proches.

Il a réuni une quinzaine de personnes dans sa maison et l’ambiance était comme j’aime : suffisamment calme pour pouvoir discuter avec les gens, mais festive aussi quand la musique était sympa et qu’on se mettait à danser. Bref, je me suis encore couché à point d’heure, pour le deuxième soir de suite, puisque j’étais sorti dîner la veille !

Le dimanche 14, je n’ai pu résister à l’envie d’aller faire un tour dans les grands magasins, ouverts exceptionnellement pour les “3J” et autres “8 Jours en Or”. Je ne vous décrirais pas la tête que j’avais, mais j’ai vraiment eu l’impression que je faisais peur, vu la réaction des gens qui me croisaient… Ca ne m’a pas empêché de craquer sur deux chemises, une cravatte et une paire de chaussures :-) et de faire le chemin à pied, tranquillement, sous le soleil, entre Hausmann et Neuilly.

Je ne me suis pas couché très tard le soir, histoire d’essayer de récupérer un peu. Doux rêve… j’ai passé tout le début de ma semaine 42 à essayer de récupérer ! Et comme le week end a été aussi un peu chargé (voir mon article précédent), je commence ma semaine 43 avec la tête dans le c… Mais c’est une autre histoire !

Mon meilleur ami

Dimanche, 21 octobre 2007

E. a organisé hier soir une petite fête chez lui, pour célébrer avec ses amis et quelques membres de sa famille les 40 ans qu’il a eus en août dernier.

Il n’est pas dans mes habitudes de donner un ordre d’importance à mes amis, du moins ceux du cercle le plus rapproché; je les apprécie tous pour des raisons particulières et différentes, qui ne s’évaluent pas et ne se comparent pas. Pourtant, E. sort du lot et j’affirme clairement qu’il est mon meilleur ami.

On se connaît depuis 11 ans maintenant, par l’intermédiaire d’un autre ami, et on a très vite développé une grande complicité et une grande confiance l’un envers l’autre. Je dis à E. des choses que je n’arriverais probablement pas à dire à beaucoup d’autres et je ne pense pas me tromper en écrivant que la réciproque est tout aussi vraie. Et il a même réussi à cohabiter avec moi pendant plus de trois jours, c’est peu dire ;-) !!

C’est un gars épatant, prêt à se mettre en quatre pour les gens qu’il apprécie. Sa fête d’hier en était la parfaite illustration, tant tout était prévu pour que chacun passe un bon moment et ne manque de rien. Il en a vraiment stressé pendant plus d’une semaine, mais il peut être satisfait : tout était parfait et nous avons tous passé une excellente soirée, de genre de soirée où se laisse porter sans plus de conscience du temps.

Je le lui ai déjà écrit et je ne saurai user, ici non plus, de trop de mots mais (et j’espère qu’il le sait) mon coeur y est.

Happy forties, E. !